mercredi 7 novembre 2012

Miss Endicott


Londres, quelque part entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle. Prudence Endicott arrive  en ville pour enterrer sa mère. Décidée à rester, la jeune femme se fait engager comme gouvernante du petit Kévin... le jour. Car la nuit, une autre histoire se joue : Prudence a décidé de reprendre le rôle tenu par sa mère, celui de conciliatrice de la ville. Du racket au tapage nocturne, des bars aux ruelles emplies de brouillard, Prudence est sur tous les fronts pour résoudre les problèmes des pauvres gens. Mais lors d'une enquête de voisinage, elle découvre le monde des Oubliés, qui habitent sous la ville. Et c'est le début d'une aventure qui dépasse tout ce que la jeune femme aurait pu imaginer...

J'ai découvert cette BD par hasard un dimanche alors que j'errais sans but dans les rayons d'une Fnac. (J'avoue, je trompais alors parfois mon libraire spécialisé en BD pour me nourrir le dimanche, mais ça, c'était avant que l'enseigne lâche le festival d'Angoulême pour vendre de l'électroménager. Oui, je sais, c'est la crise. Les gens préfèrent boire du café que de nourrir leur esprit. Passons.) Donc, malgré le bambin braillard qui voulait sa Dora, l'ado boudeuse qui ne comprenait pas que sa mère refuse de lui acheter le CD des chatons qui ne vont que dans une direction, et le mâle à casquette d'une vingtaine d'années qui avait déjà explosé tous les scores sur la console à un jeu de ballon, j'ai été alpaguée en quelques instants seulement par les premières planches. 

Le trait vif n'est pas sans rappeler de loin celui d'un certain Loisel, tout en ayant sa propre signature. Le scénario est dynamique, et le tout créé une atmosphère à l'anglaise d'une Londres fantasmée dans laquelle j'adore me perdre. Un seul reproche : l'aventure est parfois un peu rapide, et on aurait aimé une intrigue un peu plus complexe pour profiter davantage de ce monde si particulier. J'ai attendu quelques mois le deuxième tome et suis un peu déçue par la fin que j'imaginais plus longue. Toujours est-il que j'ai passé un excellent moment, et que le plaisir de se fondre dans le fog est de retour à chaque lecture. 


A lire avec une tasse de bon thé !

A bon lecteur...

Miss Endicott, tomes 1 et 2, Jean-Christophe Derrien et Xavier Fourquemin, Les éditions du Lombard, 2007.

mardi 9 octobre 2012

Crâne de bois

On aurait dit que j'étais un cow-boy pas content, et que je rencontrais Dieu... PAN, t'es mort. Ben non, en fait, j'peux pas mourir, crâne de bois....


Laissons le shérif l'éditeur présenter son poulain.

 " Lincoln est un jeune américain né à la fin du 19e  siècle dans des conditions peu enviables. Orphelin élevé chez les prostituées, il est en colère contre la vie qui pourtant l’a doté d’un esprit bien aiguisé. Considéré rapidement comme un perturbateur inutile à la collectivité, il est jeté hors de son village. Devenu vagabond, il parcourt le pays sans but et sans plaisir. Alors Dieu vient le voir sous les traits d’un paysan quelconque et fait le pari avec Lincoln qu’il connaîtra un jour le bonheur. Pour mettre toutes les chances de son côté, il le rend immortel. Après des débuts difficiles, nos deux personnages vont devenir des compagnons de route. Dieu va tenter de faire de Lincoln un messie d’un genre nouveau, du style super-héros Cow-Boy, mais c’est compter sans la personnalité un peu tordue et manipulatrice de son protégé."

Le septième tome est encore tout chaud sorti du four, que je découvre seulement cette série, un peu honteuse de l'avoir loupée depuis trois ans. Je suis en train de rattraper mon retard à toute vitesse, à force de fous rires que j'espère contagieux. Pour vous situer un peu l'état d'esprit du cow-boy, voici l'une de mes planches préférées (p.14 du tome 1):


Règlement de comptes à O.K. créa... Le texte est grinçant à souhait, les dessins et la mise en scène sont au poil, les couleurs dignes d'un bon western, et tout ça donne envie de tout envoyer balader autour de nous, d'un grand coup de gueule aidé de quelques gestes loufoques.

Pour plus d'infos c'est par ici.

à bon lecteur...

Lincoln, tome 1 : Crâne de bois, de Olivier, Jérôme et Anne-Claire Jouvray, éditions Paquet, 2009

jeudi 4 octobre 2012

Piliers

Voir grandir une revue, la voir évoluer, prendre son envol, et puis un jour se poser, et construire son nid... sa maison d'édition...


C'est avec émotion que j'ai enfin pu tenir entre mes mains le premier né des éditions A verse. Encore plus émue que j'ai retrouvé certains poèmes, en ai découvert de nouveaux, qui ont fait mouche. Je ne sais pas et n'ai jamais su parler de poésie. Les mots d'un poème fissurent trop vite ma carapace pour atteindre le coeur, je ne sais jamais quoi en dire - simplement les ressentir. Et comme Alena chante d'une voix qui accompagne à la perfection les nuits...

"Il faut la suivre au fond de la durée
Sans retourner le visage,
Sans prendre congé,
Mais toujours s'éloignant des autres,
On peut arriver auprès d'elle.
Il faut se déshabituer,
Ne plus chasser l'insomnie
Ni mépriser l'aube.
Et au bord de la falaise
Il faut consentir au vide."

Je vous conseille donc ce recueil, de tout mon coeur. Non seulement vous découvrirez un auteur talentueux qui a encore de nombreuses oeuvres devant elle, mais vous aurez aussi un futur collector des éditions A verse, et surtout, vous participerez à la liberté de la poésie. Et, en ce moment, elle en a bien besoin...

Piliers, Alena Meas, Editions A verse / Literární salon, 2012

mercredi 3 octobre 2012

Mathieu Hidalf...

... est de retour ! ENFIN !!!

 A l'heure où tout le monde ou presque se jette sur un livre qui prend vraiment de la place dans les librairies, mais apparemment pas dans le coeur des critiques, voici celui que j'attendais depuis des mois, depuis précisément la dernière ligne de la page 351 du tome 2...


Le troisième tome des aventures de notre champion du monde de la bêtise ! Fin connaisseur du code juridique parental, incomparable tricheur pourvu qu'on réussisse à lui faire passer une épreuve, parfait gâcheur d'anniversaire royal, Mathieu est de retour pour le pire : son père et le roi, ont décidé de se venger des tours pendables - mais totalement justifiés, il serait intolérable de le nier - qu'il a pu leur jouer, et veulent le marier à la belle et intelligente sa pire ennemie Marie-Marie du Château Boisé. Mais Mathieu, du haut de ses onze ans à d'autres chats à fouetter : l'école d'Elite et le Royaume sont menacés et le garçon se retrouve coupé du reste du monde par le puissant sortilège de Ronces...

J'ai eu tellement de plaisir à retrouver Mathieu et son extraordinaire don pour se fourrer dans les ennuis que je ne peux que souhaiter que cette joie soit contagieuse. Je l'écris et le répèterai sûrement, voici une série pour les 8 ans et plus qui change de ce qu'on peut voir sur les tables des libraires actuellement. C'est succulent, d'une écriture enlevée, avec des personnages tous plus attachants les uns que les autres, très loin du manichéisme (qui a une fâcheuse tendance à être omniprésent dans ce secteur si difficile du "middle-grade"), ça ne s'essouffle pas au bout de trois tomes, bien au contraire, et ça se dévore à une vitesse.... " ça cavale, ça pétille", et comme le dit si bien Timotée de Fombelle : "Au début on croit juste que ce livre est brillant, captivant, léger et irrésistiblement drôle. Le problème est qu'en avançant on découvre que c'est bien pire que cela. Indispensable."
Pour résumer : une série qui va très vite devenir un classique de la littérature jeunesse française.

En espérant vous voir atteints d'Hidalfite aiguë sous peu, je vais de ce pas relire les deux premiers tomes, et attendre avec délice le quatrième tome.

à bon lecteur...

Mathieu Hidalf et le sortilège de Ronces, Gallimard Jeunesse, septembre 2012, 384 pages
A lire aussi et de préférence avant :
Tome 1 : Le premier défi de Mathieu Hidalf, août 2011
Tome 2 : Mathieu Hidalf et la foudre fantôme, décembre 2011

mercredi 19 septembre 2012

Le Sillage de l'oubli



5 contre :
- Parce que franchement, pour le coup de foudre au premier regard, on repassera. En le voyant, on se dit : "Ce qu'il est moche ce livre ! C'est quoi cette couv' marron ? Ouh là, et en plus, il est composé tout petit..." et qu'on marmonne "C'est vraiment pour faire plaisir à mon libraire, et parce qu'il a insisté, non mais vraiment..."
- En lisant la quatrième, on constate que c'est encore un roman " à a la McCarthy". Ils n'en ont pas marre de copier De si jolis chevaux  dans ce lointain pays qui n'est décidément pas pour le vieil homme ?
- Encore un premier roman ? 
- La scène d'ouverture est... sanglante. Le rejet est immédiat.
- La scène de fin vient... trop vite. Finalement, il n'est pas assez long ce livre !

5 pour :
- La scène d'ouverture est si efficace qu'après le premier rejet, on y revient, crevant d'envie de connaître la suite de l'histoire. On se plonge dans le livre... et hop! on n'en ressort pas avant la dernière page. Magique !
- Une narration incroyable qui joue avec le temps et avec l'action : le récit n'est pas chronologique, et les différentes parties se répondent, se complètent, se mélangent à la perfection.
- Une peinture du Texas rural du début du XXe siècle, qui rappelle McCarthy, oui, mais qui le fait très vite oublier tellement la voix qui se dégage du texte est forte. Un style vivant, une (des) histoire(s) captivante(s) : un voyage qui ne s'oublie pas.
- Des personnages... Humains et fiers de l'être, dans leur complexité, détestables et adorables, à l'image de leur pays (celui que je fantasme en tout cas de mon petit coin de France), et d'une telle force !
- Des paysages à couper le souffle, et ces chevaux... ah, ces chevaux...

Conclusion : Mon libraire a toujours raison. Merci mon libraire ! Et je vous laisse, chroniquer ce livre m'a donné envie de relire des passages entiers.

à bon lecteur... 

La Sillage de l'oubli, Bruce Machart, Gallmeister, 2012, 344 pages, traduction brillante de Marc Amfreville

lundi 3 septembre 2012

La vie sexuelle des super-héros


Ou comment parler d'un livre au titre qui non content de m'intriguer, va aussi créer du trafic sur ce blog trop longtemps laissé en friche... (Avec, une fois n'est pas coutume, la couverture de l'édition poche, que je trouve excellente.)

J'ai dévoré ce livre la semaine dernière, alors qu'il n'était que le dernier arrivé dans la longue file d'attente s'entassant au pied de mon bureau. Une page pour goûter au texte, une autre pour confirmer ce que je venais de déguster, une troisième par gourmandise, et le reste parce que l'entrée m'avait mise en appétit.

Petite présentation rapide, tirée de la quatrième de couverture :

«  À New York, au début du vingt et unième siècle, les super-héros sont fatigués : Superman, Batman et les autres ont raccroché les gants, ils sont devenus des hommes et des femmes d'affaires à succès, des vedettes des médias et du spectacle, et ont tous renoncé à leurs super-pouvoirs. Dès lors, qui peut bien vouloir les éliminer un à un ? Car après Robin, l'assistant et ancien amant de Batman, un mystérieux groupe de tueurs menace d'autres cibles. Mister Fantastic et Mystique reçoivent eux aussi d'étranges messages d'adieu, et il semble bien que ce soit dans leur vie privée et leurs comportements sexuels qu'on veuille les frapper. »

Voici en 5 points, ce qui m'a plu dans ce livre :
- une ressemblance assumée avec le Watchmen de Moore, mais avec une amertume post 11-septembre teintée d'un cynisme mordant savoureux et beaucoup plus désabusé (si, c'est possible).
- retrouver les super-héros qui ont bercé mon enfance et mon adolescence en situation délicate, en proie aux soucis du quotidien, comme tout un chacun, et décrits de façon irrévérencieuse mais tellement délicieuse !
- le jeu de cache-cache permanent avec les clichés propres à ce genre de personnages. L'auteur parvient avec brio à rendre ces surhommes humains, au-delà du ridicule et du pathétique. On se prend à les aimer davantage, passé les premières désorientations dues au décalage entre le mythe nostalgique et nos héros déboussolés.
- un style vif et imagé, mais qui prend le temps de contempler et de s'interroger quand il le faut. Beau choix de vocabulaire pour certains passages. Beau travail de l'auteur et du traducteur !
- un humour noir beaucoup plus débridé que ce qu'on pourrait croire, qui vise et touche dans le mille avant même qu'on s'en rende compte. J'ai relu des passages entiers, le sourire en coin frémissant.

J'espère vous avoir mis l'eau à la bouche.
En attendant le prochain livre, à vos lectures !

La vie sexuelle des super-héros, Marco Mancassola, Gallimard, 2011, 552 pages, traduction de Vincent Raynaud ; Folio, mai 2012

Merci à Tery, petite abeille sans qui je n'aurais pas lu ce très bon roman.

lundi 13 février 2012

L'étrange voyage de Monsieur Daldry


Si vous aimez les parfums de jardins, de vieux cuir et de bois, la peinture, les histoires de demoiselles à la recherche de l'âme soeur et les voyages, vous allez adorer le dernier roman de Marc Levy.

"L'homme qui va le plus compter dans ta vie vient de passer dans ton dos. Pour le retrouver, tu devras entreprendre un long voyage et rencontrer six personnes qui te mèneront jusqu'à lui...
Il y a deux vies en toi, Alice. Celle que tu connais et une autre, qui t'attend depuis toujours."

L'histoire se situe à Londres en 1950. Alice vit seule dans un vieil immeuble où elle créée des parfums, sa passion. Elle a quatre amis : Sam libraire et contrebassiste, Anton menuisier et trompettiste, Carol infirmière à l'hôpital de Chelsea et Eddy chanteur à la gare Victoria et dans les pubs parfois.
La veille de Noël, ils décident tous les cinq de se rendre à la fête foraine de Brighton. En fin de journée, prêts à reprendre leur train vers Londres, ils s'arrêtent devant un kiosque où une diseuse de bonne aventure propose ses services pour quelques pennies. Septique mais poussée par ses amies, Alice passent quelques minutes avec la femme qui lui révèle des bribes d'un passé et d'un avenir qui lui paraissent improbables. 
Troublée par ces révélations auxquelles elle n'ose croire, les journées et les nuits d'Alice sont remplies de doutes et de cauchemars. Alors qu'elle se retrouve seule le soir de Noël, elle finit par se confier à son voisin de palier Monsieur Daldry, peintre et célibataire endurci. Ce dernier diplomate et persuasif lui propose de financer et de l'accompagner dans son voyage afin de retrouver les six personnes qui doivent la conduire vers sa destinée. Mais quelles sont les véritables motivations de ce voisin si attentionné? 

Ce roman est une merveille. Les personnages sont pleins d'humour et ont chacun un caractère bien trempé. Les parfums, les paysages, restaurants et pubs de Londres ou d'Istanbul y sont magnifiquement décrits. On se prend à mener l'enquête avec Alice et Daldry sur les rives du Bosphore
Un roman à savourer sans modération.

L'étrange voyage de Monsieur Daldry, Marc Levy, Robert Laffont, 432 pages, avril 2011.

vendredi 2 décembre 2011

RAPPEL : 27e salon du livre et de la presse jeunesse



N'oubliez pas, c'est ce week-end. Au plaisir de vous croiser sur les stands, fidèles lecteurs ! Et pour info, certains des auteurs dont les livres ont été mentionnés par nos petites têtes seront présents en dédicace. Suivez le lien pour toute information.

jeudi 1 décembre 2011

POSSESSION



Dans le monde de Violette tout est sous contrôle. Où qu'elle aille des scanners rétiniens et des humanoïdes peuvent la localiser. Depuis sa naissance elle écoute les transmissions, n'expose pas sa peau blanche aux rayons du soleil et ne sort jamais après le couvre-feu. Ce sont les règles établies par les Penseurs et on ne les transgresse pas. Enfin... en apparence, car Violette a l'habitude de rejoindre Zenn son amour de toujours après la tombée de la nuit.
Ce soir, il lui a donné rendez-vous mais elle est aussitôt capturée par la police et amenée en prison. Elle y rencontre Jag, un jeune homme à la peau bronzée et devine rapidement qu'il est issu des terres rebelles qui échappent à la coupe des Penseurs. A son contact Violette perd toute certitude quant à  sa perception de la réalité et de la liberté. Et si finalement son histoire et sa vie n'était que mensonge? Peut-elle encore faire confiance aux siens?
Dans une société moderne proche de l'univers du roman Minority Report de Philip K.Dick, se pose la question du sens des mots vérité, réalité et liberté. Ce qui est normal pour soi l'est-il pour un étranger issu d'une toute autre culture et d'une autre région du monde? Comment comprendre l'autre lorsque ses valeurs et sa perception du monde diffèrent de la nôtre?
Voici un roman prenant que je conseille et qui amène avec finesse le concept du droit à la différence.

POSSESSION, Elana Johnson, Michel Lafon, 379 pages, octobre 2011.

mardi 22 novembre 2011

Les falsificateurs/ Les éclaireurs



Une fois n'est pas coutume, je reproduirai l'excellente quatrième de couverture de cet ovni.
C'est l'histoire d'une organisation secrète internationale, le CFR (Consortium de Falsification du Réel), qui falsifie la réalité mais dont personne ne connaît les motivations. C'est l'histoire de quelques-unes des plus grandes supercheries de notre époque : de Laïka, la première chienne dans l'espace, qui n'a jamais existé ; de Christophe Colomb qui n'a pas découvert l'Amérique ; des fausses archives de la Stasi. C'est l'histoire d'un jeune homme, embauché par le CFR, qui veut comprendre pourquoi et pour qui il travaille. C'est l'histoire d'une bande d'amis qui veulent réussir leur vie, sans trop savoir ce que cela veut dire. C'est, d'une certaine façon, l'histoire de notre siècle.
Conseillé par une amie anglaise, dévoré en quelques jours... Et je me suis précipitée pour acheter la suite : Les éclaireurs, qui m'a valu une nuit blanche, et dont je ne vous ferai même pas le résumé, car si vous lisez le premier, vous ne pouvez que vous jeter sur le second.


Si vous avez un peu de temps, un seul conseil : gardez votre encyclopédie à portée de main... Je peux vous garantir que ces bouquins réveilleront votre sens critique trop longtemps endormi, vous dessineront le monde différemment, et... vous feront même sourire.

Les falsificateurs, Antoine Bello, Gallimard, 501 pages, janvier 2007
Les éclaireurs, idem, 479 pages, février 2009
Les deux sont aussi sortis en Folio.

lundi 10 octobre 2011

L'Herbier des Fées


Le nouvel album de Benjamin Lacombe et Sébastien Perez disponible à la fin du mois d'octobre :





L'Herbier des Fées, Benjamin Lacombe et Sébastien Perez, nombre de pages inconnu, Albin Michel, octobre 2011.

lundi 9 mai 2011

JULIA & ROEM


Souvenez-vous, il y a deux ans je faisais ici la chronique du dernier album d'Enki Bilal : ANIMAL'Z. Je n'avais pas été tendre car en admiratrice invétérée de l'auteur depuis 2001, ses suites du sommeil du monstre m'avait laissée profondément perplexe, face à des scénarios complexes qui m'avaient sérieusement fait douter de mes facultés intellectuelles et m'avaient juste agacée.
Pleine d'espoir, ANIMAL'Z avait seulement conclu mes sept ans d'amour avec la prose et le coup de crayon de son illustrateur. Mais voilà, même après des années on oublie pas un grand amour et ce samedi j'ai pris dans ma main ce nouvel album, j'ai même donné des sous à la dame de la caisse pour avoir droit de l'emporter chez moi.
Et alors? Je suis retombée amoureuse.
JULIA & ROEM n'est pas une suite en soi d'ANIMAL'Z mais raconte la vie difficile d'autres êtres humains qui tentent de survivre depuis le coup de sang de la planète. Ici pas d'hybride ou de robot de compagnie mais un récit clair, un oiseau et des protagonistes dont les prénoms (Roem, Merkt, Julia, Tybb, Parrish et Lawrence) rappellent étrangement ceux de la pièce de William Shakespeare.
Dans un monde hostile où chacun lutte pour rester en vie JULIA & ROEM souffriront-ils du même destin que Roméo et Juliette
Voici un bien bel album qui fera grand plaisir aux inconditionnels de l'auteur.

JULIA & ROEM, Enki Bilal, casterman, 64 pages, mai 2011.

mardi 5 avril 2011

Métamorphose en bord de Ciel



"... tomber n'a jamais été une fin en soi. Ce qui m'intéresse, c'est le court moment aussi épique qu'incongru qui précède : l'envol." 
Cette citation  tirée du roman de Mathias Malzieu caractérise à merveille le tempérament de Tom Cloudman son héros, cascadeur maladroit. En effet, depuis qu'il est en âge de marcher Tom s'est découvert ce talent particulier qui fait son succès.
Il décide un jour de sillonner les routes à la conquête de la gloire. Après des années de chutes catastrophes il est conduit à l'hôpital pour une vilaine fracture. On lui découvre une tumeur inopérable. Assoiffé de liberté tel l'oiseau qu'il aurait rêvé d'être, il supporte comme il peut cette nouvelle vie de soins et d'enfermement. La nuit, il déambule dans l'hôpital à la recherche de plumes d'oreiller pour se confectionner des ailes, c'est là qu'il fait la connaissance de l'enfant-lune et de la femme oiseau qui lui propose un bien étrange marché. Rêve morphinique ou réalité?

Voici un roman atypique où on découvre l'histoire d'un enfant  anti-conformiste et emprunt de liberté. Mathias Malzieu a l'écriture sûre, riche d'un vocabulaire métaphorique. On a du plaisir à le lire et suivre son héros absolument génial et heureux d'un rien. 
A l'hôpital le cadre est tout autre. L'auteur décrit avec une effroyable réalité le ressenti du patient hospitalisé pour une durée indéterminée. On ressent terriblement son malaise, perdu au milieu de soignants formatés. Heureusement, notre héros a trouvé un autre moyen pour s'évader...

Métamorphose en bord de Ciel, Mathias Malzieu, Flammarion, 157 pages ou 190 pages pour l'édition illustrée, mars 2011.

dimanche 3 avril 2011

L'APPRENTI EPOUVANTEUR


Ombres, spectres, gobelins, sorcières... nombreuses sont les créatures qui tourmentent les campagnes. Tout aussi redoutés mais respectés, les épouvanteurs septièmes fils d'un septième fils sont chargés par les villageois de remédier à ce problème. C'est donc sans surprise que Thomas septième fils d'un septième fils voit un jour se présenter Mr Grégory l'épouvanteur du comté. Attaché à la ferme familial, c'est non sans crainte que le jeune homme suit son maître, un homme sévère mais juste qui le soumet à une épreuve terrifiante. Nouvel apprenti volontaire mais sans expérience, Thomas commet une première erreur : il libère malgré lui une créature maléfique emprisonnée dans un  puits : la puissante sorcière Mère Malkin
Premier tome d'une saga en sept volumes, ce roman écrit comme un journal attise la curiosité du lecteur en décrivant avec habileté l'angoisse de l'apprenti épouvanteur face aux créatures de l'invisible. Un petit bonheur à lire au chaud dans son lit tandis que dehors le vent se lamente dans la froideur de la nuit.

L'Epouvanteur, Tome 1 : L'apprenti-épouvanteur, Joseph Delaney, 275 pages, Bayard, mars 2005.

vendredi 18 mars 2011

INTUITIONS



Jemma 16 ans, possède un don étrange. Chaque fois que son regard croise celui des autres, s'impose à elle une série de huit chiffres. Ce n'est que le jour du décès de sa mère qu'elle réalise : ce nombre représente la date de leur mort . Ballottée de foyers en familles d'accueil, Jem reste solitaire jusqu'à sa rencontre avec Spider. Alors qu'ils se trouvent dans la file d'attente qui mène à la grande roue de Londres, tous les visiteurs ont le même numéro : la date du jour même. C'est en s'enfuyant que Jem et Spider assistent à la chute de la grande roue. S'ensuit une véritable chasse à l'homme, puisque grâce aux caméras de surveillance la police a identifié deux individus prenant la fuite avant l'attentat.
Réussiront-ils à échapper à l'injustice? Et pour combien de temps? Jem parviendra-t-elle à sauver Spider du destin qui l'attend?

Intuitions, un roman qui porte bien son nom. Car si le début du récit reste prenant, tout est affaire de déductions un peu trop évidentes peut-être. Un roman agréable à lire mais à la trame très prévisible.

Intuitions, Rachel Ward, 330 pages, Michel Lafon, mai 2010. 

vendredi 4 mars 2011

L'Heure de l'Ange


Toby tueur professionnel, exécute ses cibles sur les ordres de "l'homme juste" depuis bientôt 10 ans. Sans famille ni attache, sa vie se déroule sans but véritable. Quand il n'est pas en mission pour son patron, il loue les plus belles suites des plus beaux palaces et s'adonne à la passion de sa première vie : le luth. Passionné d'Histoire il a passé toutes ces années à collecter des ouvrages rares entreposés dans son appartement. 

Un jour au beau milieu d'une nouvelle mission, Toby est cerné par le doute. Certain de travailler pour une organisation qui oeuvre pour le bien il n'est plus très sûr du bien-fondé de ces actes. C'est alors qu'un homme lui apparaît et  affirme tout savoir de lui. Cet homme nommé Malchiah dit être son ange gardien. Il nous fait découvrir le passé de Toby un jeune homme plein d'humanité et dévoué à sa famille et qui décide un jour de tout abandonner pour oublier cette effroyable journée où il a perdu la foi.

Malchiah lui, est persuadé de l'exceptionnel potentiel du jeune homme lui propose de racheter ses crimes et de découvrir le véritable sens du bien. Pour cela il doit se rendre à une autre époque : le Moyen Age et sauver une famille juive accusée de meurtre. Toby arrivera-t-il à mener cette nouvelle mission a bien?

Voici un roman absolument fantastique aux descriptions historiques époustouflantes et aux personnages exceptionnels, dont on ne peut se détacher avant la dernière page. C'est sans conteste un des meilleurs romans que j'ai pu lire.

L'heure de l'Ange, Anne Rice, 270 pages, Michel Lafon, février 2010.

mardi 25 janvier 2011

MARQUEE


Dans une société où les humains deviennent vampires sur le choix de la déesse Nyx, Zoey Redbird vit son adolescence avec ennui entre Heith son futur ex-petit ami footballeur, sa meilleure amie Kayla et sa mère soumise à son nouveau mari. Un soir alors qu'elle s'apprête à rentrer chez elle, un inconnu lui annonce qu'elle doit rejoindre la Maison de la Nuit. Elle sait, pour avoir vu d'autres adolescents avant elle, qu'elle a été choisie pour intégrer l'école de vampires de la ville et ainsi achever sa transformation ou en mourir. 
De retour chez elle, sa mère et son beau-père acceptent mal ce nouveau destin qu'ils interprètent comme une malédiction pour leur famille de fervents catholiques.
Arrivée dans la Maison de la Nuit, le monde lui apparaît nouveau et tellement plus intéressant, à commencer par ses cours qui la passionnent et ce sentiment de chaleur que lui procure la bienveillance de son professeur la prêtresse Neferet et le soutien sans faille de ses nouveaux amis. Mais Zoey est différente des autres élèves de 1ère année : la marque en croissant de lune sur son front ressemble beaucoup à celle des vampires adultes. Zoey ne va pas tarder à attirer la convoitise au sein de son nouveau foyer...

Le tome 1 de La Maison de la Nuit offre de belles perspectives : on a plaisir à suivre une adolescente au caractère bien trempé (et promise à un grand destin?), dans une école d'un autre Monde où elle va se forger des amitiés solides. Bizarrement cela me donne une impression de déjà vu mais sans comparaison possible avec la célèbre saga de Poudlard. A en croire de nombreux lecteurs sur la toile, les tomes 2 et 3 offrent une suite réjouissante et pleine de surprises, résultat d'une collaboration fructueuse entre Phyllis C. Cast et  sa fille.

Un roman divertissant à destiner aux adolescents et adultes amateurs d'histoires de vampires.

La Maison de la Nuit, tome 1 : Marquée, Phyllis C. Cast et Kristin Cast, 330 pages, Pocket Jeunesse, janvier 2010.

dimanche 23 janvier 2011

Vampire City


A peine installée dans le dortoir de son université, Claire 16 ans, s'attire les foudres de Monica et de ses groupies qui règnent en maîtres sur le campus de Morganville. Menacée de mort par ces dernières et sans ami, elle trouve une annonce pour une vieille bâtisse habitée par 3 jeunes gens : Eve une barmaid enjouée au style gothique, Shane sans emploi et roi du chili con carne et Mickaël musicien prodige qui se lève à la tombée de la nuit. Alors qu'elle trouve chaleur et réconfort auprès de ses nouveaux colocataires, Claire découvre que les vampires existent bel et bien et régissent la ville. Ces derniers infiltrés dans la police et organisés en véritables mafias accordent leur protection et leurs services meurtriers à des familles dont celle de Monica qui dès lors met tout en œuvre pour la retrouver. Éprit de sentiments protecteurs, Shane conclut un marché avec un vampire contre la protection de Claire. Prête à tout pour le sauver, cette dernière découvre que les vampires cherchent en vain un objet ancien et se met en quête pour le retrouver avant eux et ainsi l'échanger contre la vie de son ami. 
Personnellement j'ai beaucoup aimé ce roman où les protagonnistes (dont la description physique me rappelle les personnages de mangas japonais) évoluent dans une atmosphère semblable à celle de L'Auberge Espagnole de Cédric Klapish. Un roman captivant et bien écrit où les vampires affamés ont les dents longues.

Vampire City -Tome 1, Rachel Caine, 360 pages, Black Moon Hachette Roman, octobre 2010.

dimanche 19 décembre 2010

Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants

Après une semaine professionnelle ardue, et personnelle convalescente, me voici comme (presque) prévu avec de nouveaux livres.

Il y a quelques temps, un peu agacée par les derniers prix littéraires adultes, je me suis penchée sur le choix des lycéens pour leur Goncourt 2010.



Le titre avait déjà titillé ma curiosité. La quatrième de couverture m'a convaincue (oui, une quatrième de couv bien faite, c'est rare). La lecture a achevé de me convaincre.
Comme je n'ai pas envie de palabrer pendant trois heures, voici un bref j'aime/j'aime pas qui je l'espère vous donnera envie de feuilleter ces quelques pages d'évasion.

J'aime :
- l'histoire : Michel-Ange qui fuit l'Italie après une querelle avec le pape pour aller construire un pont pour le sultan Bajazet à Constantinople.
- l'atmosphère : entre le dépaysement de l'orientalisme et celui de l'histoire, on se perd avec plaisir dans un monde étranger et en même temps familier.
- le questionnement sur la création : homme, peintre, poète, les héros hésitent entre désirs concrets et absolu, réalité matérielle et aspirations poétiques... un écho particulier dans ma caboche de lectrice.
- l'écriture : très littéraire (parfois même presque précieuse), elle sait aussi devenir charnelle et violente quand le récit en a besoin. Elle nous embarque vite et bien.
- les personnages secondaires de Mesihi et de la chanteuse : ce sont à mon avis eux, les vrais personnages forts de l'histoire. En tout cas, ils m'ont émue et marquée.

Je n'aime pas :
- la brièveté du bouquin : 154 pages, ça se lit très vite. Et certains passages manquent d'approfondissement.
- la fin trop rapide : j'aurais aimé plus de détails, même si j'aime faire travailler mon imagination (et mon ordi pour avoir des précisions historiques sur Michel-Ange).
- la semi-présence des personnages secondaires : particulièrement celui de Mesihi, qui aurait peut-être mérité un plus grand nombre de pages. Mais j'ai conscience que c'est justement la brièveté de ses apparitions qui le met en lumière.

Bilan : un bon choix des lycéens qui, eux, savent encore lire et reconnaître l'émotion quand ils la croisent. Un livre qui se lit vite, et qui a un petit goût de reviens-y.

Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants, Mathias Enard, 160 pages, Actes Sud, août 2010

dimanche 5 décembre 2010

La semaine prochaine...

un petit compte-rendu du salon du livre et de la presse jeunesse, un voyage avec un peintre italien à Constantinople, et un polar bien intéressant...

lecteurs