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mardi 9 octobre 2012

Crâne de bois

On aurait dit que j'étais un cow-boy pas content, et que je rencontrais Dieu... PAN, t'es mort. Ben non, en fait, j'peux pas mourir, crâne de bois....


Laissons le shérif l'éditeur présenter son poulain.

 " Lincoln est un jeune américain né à la fin du 19e  siècle dans des conditions peu enviables. Orphelin élevé chez les prostituées, il est en colère contre la vie qui pourtant l’a doté d’un esprit bien aiguisé. Considéré rapidement comme un perturbateur inutile à la collectivité, il est jeté hors de son village. Devenu vagabond, il parcourt le pays sans but et sans plaisir. Alors Dieu vient le voir sous les traits d’un paysan quelconque et fait le pari avec Lincoln qu’il connaîtra un jour le bonheur. Pour mettre toutes les chances de son côté, il le rend immortel. Après des débuts difficiles, nos deux personnages vont devenir des compagnons de route. Dieu va tenter de faire de Lincoln un messie d’un genre nouveau, du style super-héros Cow-Boy, mais c’est compter sans la personnalité un peu tordue et manipulatrice de son protégé."

Le septième tome est encore tout chaud sorti du four, que je découvre seulement cette série, un peu honteuse de l'avoir loupée depuis trois ans. Je suis en train de rattraper mon retard à toute vitesse, à force de fous rires que j'espère contagieux. Pour vous situer un peu l'état d'esprit du cow-boy, voici l'une de mes planches préférées (p.14 du tome 1):


Règlement de comptes à O.K. créa... Le texte est grinçant à souhait, les dessins et la mise en scène sont au poil, les couleurs dignes d'un bon western, et tout ça donne envie de tout envoyer balader autour de nous, d'un grand coup de gueule aidé de quelques gestes loufoques.

Pour plus d'infos c'est par ici.

à bon lecteur...

Lincoln, tome 1 : Crâne de bois, de Olivier, Jérôme et Anne-Claire Jouvray, éditions Paquet, 2009

lundi 9 mai 2011

JULIA & ROEM


Souvenez-vous, il y a deux ans je faisais ici la chronique du dernier album d'Enki Bilal : ANIMAL'Z. Je n'avais pas été tendre car en admiratrice invétérée de l'auteur depuis 2001, ses suites du sommeil du monstre m'avait laissée profondément perplexe, face à des scénarios complexes qui m'avaient sérieusement fait douter de mes facultés intellectuelles et m'avaient juste agacée.
Pleine d'espoir, ANIMAL'Z avait seulement conclu mes sept ans d'amour avec la prose et le coup de crayon de son illustrateur. Mais voilà, même après des années on oublie pas un grand amour et ce samedi j'ai pris dans ma main ce nouvel album, j'ai même donné des sous à la dame de la caisse pour avoir droit de l'emporter chez moi.
Et alors? Je suis retombée amoureuse.
JULIA & ROEM n'est pas une suite en soi d'ANIMAL'Z mais raconte la vie difficile d'autres êtres humains qui tentent de survivre depuis le coup de sang de la planète. Ici pas d'hybride ou de robot de compagnie mais un récit clair, un oiseau et des protagonistes dont les prénoms (Roem, Merkt, Julia, Tybb, Parrish et Lawrence) rappellent étrangement ceux de la pièce de William Shakespeare.
Dans un monde hostile où chacun lutte pour rester en vie JULIA & ROEM souffriront-ils du même destin que Roméo et Juliette? 
Voici un bien bel album qui fera grand plaisir aux inconditionnels de l'auteur.

JULIA & ROEM, Enki Bilal, casterman, 64 pages, mai 2011.

lundi 18 mai 2009

Animal'Z

ou comment j'ai définitivement rompu avec Enki Bilal, 
par le Puceron zélé

   
Titre aguicheur je le reconnais mais qui vous incitera peut-être à lire ce qui va suivre. 

Avertissement aux admirateurs de ce grand monsieur, les lignes à venir ne vont pas vous faire plaisir. 

Je n'ai rien contre ce grand nom de la bande-dessinée que je respecte et que je remercie pour nous avoir offert "La trilogie Nikopol", Bleu Sang et Le sommeil du monstre qui est à mon sens le meilleur album que l'artiste ai jamais créé. Je me suis donc procuré il y a quelques semaines son dernier ouvrage. L'épisode de la quadralogie du Monstre étant terminée, j'ai eu hâte de voir si l'auteur pourrait raviver mon enthousiasme d'antan avec le début de cette nouvelle série. 

Première impression: le style de l'artiste se reconnaît facilement, l'animal comme l'homme expriment côte à côte la puissance, la grâce et la beauté. Une question en découle alors: va-t'il s'agir d'une histoire d'hybridation (thème récurrent dans les albums de Bilal, souvenez-vous avec la mouche du sommeil du monstre)?  Dans son prologue Bilal annonce la couleur : la planète Terre est touchée par un grave dérèglement climatique où chaque espèce lutte pour sa propre survie. Les Hommes tentent quant à eux de se réfugier par la voie des mers vers d'hypothétiques régions épargnées du globe en tentant de rejoindre l'un des chemins qui y mènent: le détroit D17. 
Comme vous l'avez compris, c'est pas la fête au village et ils ont pas fini d'en ch....  

Dans les premières planches l'auteur plante le décor avec une couleur dominante bleue-grise crasseuse, représentative de la composition atmosphérique et sous-marine reflétant une ambiance suffocante. Comme à son habitude il mélange plusieurs scènes se déroulant simultanément déroutant ainsi un peu le lecteur sur la localisation des personnages. Mais c'est ce qui fait tout le charme du style de l'artiste. On découvre ainsi des êtres mi humain-mi dauphin, un ancien agent d'assurance associé à l'invention de l'eau en poudre, un scientifique avec une nageoire en guise de pied, une famille cannibale, des cowboys solitaires récitant du Théophile Gauthier ou du Shakespeare, un hippocampe et un homard robots... Tout ce petit monde évoluant en bord de côte ou en pleine mer entourée d'un ciel où gravitent des tortues et des mollusques volants. On devine bien vite leur destination commune, le fameux détroit. Leurs chemins vont-ils se croiser? 
Je ne vous révèlerai pas toute l'histoire, toujours est-il qu'à la fin de l'aventure j'ai eu la désagréable impression de rester sur ma faim. Non pas parce que j'aurais aimé connaître la suite de l'histoire mais parce que malgré un début prometteur, le scénario ne m'a pas transporté. Leur voyage vers l'Eldorado n'a pas éveillé ma curiosité, pire je me suis ennuyée. La beauté froide et la mine grâve des personnages ne m'ont pas évoqué le charisme de ceux d'un autre album du même auteur que je ne reciterai pas. 
Donc vous l'aurez deviné: j'ai été très déçu plaçant peut-être un peu trop d'espoir dans ce nouvel ouvrage. Mais surtout, que cela ne vous empêche pas de le lire, vous pourrez ainsi me faire partager votre ressenti sur ce nouvel album. 

Allez, sans rancune et bonne lecture!

lecteurs